Alors que l’association fête sa première année d’existence ce 20 février, nous avons pensé qu’il serait utile de partager avec nos adhérents, sympathisants, amis et partenaires quelques faits marquants…

Une petite phrase prononcée durant une émission hebdomadaire diffusée en mai 2013 sur France 3 Franche-Comté, et ayant pour thème le « haut débit », est le déclencheur réel du projet.

« On ne va pas à la campagne pour créer des startups ! » lancera durant le débat le sympathique journaliste Jérémy Chevreuil, sans se rendre compte de la portée potentielle de son propos. Et derrière leurs écrans, impossible pour plusieurs professionnels de laisser passer ça. C’est un fait, l’association n’aurait jamais existé si cette petite phrase de relance n’avait pas été prononcée.

Avec le recul nécessaire, un grand merci à Jérémy qui peut désormais lire de temps en temps les billets sur FrancheComTech.

Si l’idée de se regrouper suite à ce propos fait son chemin, tout reste à imaginer et les questions sont nombreuses. Parmi elles, que faire pour que notre belle région méconnue mais qui regorge de talents, d’innovations et de pépites, devienne réellement un territoire propice au développement des entreprises numériques ? Que peut-on proposer pour faire connaitre nos compétences et métiers si différents mais pourtant tous complémentaires et stimuler au passage une filière TIC en état léthargique et invisible (vision que confirmera une étude INSEE fin 2014) en comparaison aux écosystèmes de régions voisines en plein essor ?

Ou encore, comment réunir des pros et entreprises de toutes les tailles (indépendants, PME, grands comptes, etc) et de tous les métiers TIC ? Comment créer des actions pertinentes, si possible sans déprendre de l’argent public qui se raréfie et qui n’a pas forcément vocation à organiser un marché ?

Une évidence se profile toutefois : beaucoup de professionnels qui travaillent dans l’écosystème numérique comtois ne se reconnaissaient dans aucune initiative existante mais avaient envie de clamer haut et fort qu’en Franche-Comté, nous pouvons aussi créer et développer des projets innovants, ambitieux et porteurs d’avenirs pour le territoire.

Établir la liste de tous les métiers du numérique (filière « TIC ») est une mission fastidieuse. C’est pourquoi le choix est fait de s’adresser aux professionnels et entreprises allant des infrastructures jusqu’à l’autre bout de la chaîne, à celles et ceux qui créent des contenus qui circuleront dans ces « tuyaux » de données. Les demandeurs d’emplois et étudiants sont également pris en compte.

Un autre point de convergence est trouvé : il ne faut pas se limiter à Besançon mais rayonner sur l’ensemble de la région. Et le défi est immense tant le retard accumulé est important.

De fait, pas moins de 4 mois seront nécessaires pour prendre des contacts en divers endroits de la Région et mener quelques discussions avec les personnes intéressées. De ces échanges aboutira l’idée puis la création effective d’une association avec les projets qu’elle pourra porter, l’objectif étant de rester toujours agile, efficace et (im)pertinent.

« La création de Silicon Comté aura été un véritable vecteur de rencontres, une source de découvertes sur les compétences qu’on trouve dans notre région. Après cette première année de découvertes, nous devons unir nos talents pour aller plus loin et créer plus de projets numériques ! » s’enthousiasme Michel Chevassu, co-fondateur et membre du CA.

Trouver un nom qui marque suffisamment pour rester dans l’inconscient collectif s’avère souvent être une tâche ardue.

« En janvier 2013, j’avais séjourné dans la Silicon Forest, surnom donné à la région de Portland (Oregon) dans laquelle était établie la startup franco-américaine chez qui je travaillais à l’époque. Peu de gens le savent, mais aux Etats-Unis, il n’y a pas que la Silicon Valley qui est réputée pour voir émerger de belles pépites dans la filière numérique et tech (biotech, medtech, fintech…) au sens large » explique Nicolas Guillaume, co-fondateur et l’un des 4 Vice-Présidents de l’association aux côtés de Julien Escario (Jura), Matthieu Perrot (Haute-Saône) et Sébastien Rossé (Aire urbaine).

En effet, il y a bien d’autres « Silicon régions » à travers ce grand pays. Quelques années auparavant, un mouvement s’est notamment créé autour de la « Silicon Prairie » (auquel le magazine l’Atelier a récemment consacré un article) et dont les problématiques initiales font état de quelques ressemblances avec celles de l’écosystème numérique franc-comtois.

C’est ainsi que germeront l’idée du nom et une part de la philosophie de l’association… Silicon Comté.

Un premier logo et une landing page seront réalisés par l’équipe de l’agence digitale Pixies à Besançon, dont les dirigeants font partie de l’équipe de co-fondateurs. L’ensemble sera présenté lors d’une première réunion « Chez Gus » en novembre 2013.

Réunir du monde n’est pas chose aisée lorsque l’on ne dispose pas de son propre lieu.

A la rentrée 2013, l’un des dirigeants de l’agence Pixies à Besançon, Baptiste Piquard (co-fondateur de Silicon Comté) et deux autres amis s’associent pour créer un bar nommé « Chez Gustave ». Il mettra à disposition à plusieurs reprises l’une de ses salles pour tenir nos réunions, signer nos statuts finaux et plus tard, produire des événements tels que les « Digital Apéros ».

« Au cours des différents Digital Apéros que j’ai pu organiser, j’ai constaté l’intérêt des participants de découvrir dans une ambiance conviviale des technologies pointues proposées par des intervenants de grande qualité. Mais, également et surtout, la satisfaction se retrouver pour échanger sur leurs métiers » se félicite Yves Tannier, co-fondateur et membre du CA. Et de poursuivre en témoignant de « cette volonté de se rencontrer qui est une des valeurs clés de notre association. Pour les années à venir, j’espère que nous pourrons être à la hauteur des espérances en organisant des événements permettant à tous les professionnels du numérique de se retrouver ».

Sans le vouloir, ce pub original, coloré et dynamique est devenu en quelque sorte la cantine de l’association.

Créer une association regroupant de multiples métiers et des personnalités issues de toute la région n’est pas de tout repos d’autant que la plupart n’ont jamais travaillé ensemble ou ne se connaissaient pas. La tâche est pourtant surmontée par une bonne collaboration ! Mais après avoir trouvé les énergies et l’équipe de cofondateurs, il faut s’attaquer aux statuts.

Au terme de nombreux échanges électroniques et d’une réunion de cadrage définitif du projet incluant la désignation du premier bureau, ils seront actés et signés le 12 février. C’est le bisontin Christophe Boutet qui aura la lourde charge d’assurer la première présidence.

L’association sera officiellement créée le 20 février 2014 et une conférence de presse de lancement quelques semaines plus tard. La fusée est lancée !

Une nouvelle association ne peut arriver sans proposer de nouvelles idées et s’inscrire dans la complémentarité de l’existant. Lui trouver une identité propre est important et son nom, associé à un autre territoire innovant à 10 000 kilomètres, était une occasion de créer un pont.

« Un ami ingénieur m’avait dit que c’est un français qui était en charge de l’ingénierie de cette fabuleuse innovation qu’est la mini caméra GoPro adoptée par des millions d’individus et qui a fait évoluer le monde des contenus à l’ère numérique. A entendre son accent lors d’un reportage TV, je n’avais guère de doutes sur les liens du personnage avec la Franche-Comté » se souvient Nicolas Guillaume.

Au détour de quelques recherches suivies d’une rencontre, il s’avère que cela se confirme. Fabrice Barbier est originaire de Franche-Comté et travaille dans la Silicon Valley. Il acceptera la proposition de parrainer l’association du mieux qu’il peut en raison d’un agenda que l’on imagine aisément très chargé et viendra déjeuner avec quelques adhérents à Besançon en juillet 2014.

Lancée en février 2014, c’est seulement le 6 octobre 2014 que l’association a organisé sa soirée de lancement autour de conférences courtes et de témoignages de personnalités (parrain d’honneur et secrétaire d’Etat au Numérique).

Ce moment de convivialité fut l’occasion de nombreuses rencontres entre participants, lesquels ont formulé des échos positifs (en particulier sur les makis de Yves Tannier) et de bonnes pistes pour poursuivre la dynamique engagée. Le journal « Les Echos » avait quant à lui consacré une pleine page à notre écosystème régional le matin même… et ce n’était qu’un parfait hasard du calendrier.

C’est avec une vidéo enregistrée quelques heures auparavant que la secrétaire d’Etat au numérique, Axelle Lemaire, avait ouvert la soirée de lancement et déclaré à cette occasion l’intérêt de voir émerger des associations comme Silicon Comté.

« Ce que j’aime dans la vie, c’est m’entourer de gens qui croient en quelque chose et qui vont jusqu’au bout de leurs convictions. Comme lors de toute création, les débuts de Silicon Comté ont sans doute dérouté plus d’une personne, mais un an après, on peut dire que le pari est réussi car l’association est installée et rayonne au niveau régional jusqu’au secrétariat d’état au numérique à Paris qui nous a confirmé suivre l’évolution de cette initiative” précise Stéphane Bonnotte, co-fondateur de l’école 2089 et également cofondateur / membre du CA de l’association.

Croisée à Vesoul quelques mois plus tard lors d’une table ronde, la représentante du gouvernement français saluera à nouveau le message positif délivré par Silicon Comté. Motivant pour la suite…

Nous avons fait, en fin d’année dernière, un premier bilan après 9 mois d’existence. Les actions et interventions de l’association se poursuivent depuis début 2015 sur un rythme encore plus soutenu. Les idées de projets ne sont pas non plus en reste.

C’est grâce aux adhésions – notre meilleur soutien – et engagements de toutes et tous que nous existons et pouvons continuer d’agir.

« Merci à toutes et à tous pour cette première année, et que la dynamique de la Silicon Comté se poursuive dans les années à venir ! » conclut Christophe Boutet, co-fondateur et Président de l’association.